Nous sommes donc arrivés à Cuba par Santiago au sud, et repartirons par La Havane au nord. Entre les deux nous avons tourné autour de l’ile par l’ouest en ayant parcouru des paysages aussi typiques que variés avec une escale à peu de choses près au milieu tant de l’ile que de notre parcours.

carte maritime logiciele de Cuba, copie ecran

L’ile principale de Cuba est entourée de milliers d’iles et d’ilets, plus de 4000 au total, tous petits ou très petits car leur superficie totale n’excède pas quelques milliers de kilometres carrés (5328 km2 dont près de la moitié constituée par la plus grande d’entre elles, l’ile de la Juventud ex-ile des Pinos) donc vraiment toutes petits.

Une grande partie de ces îles se trouve dans deux « jardins » ceux du Roi au nord-est et ceux de la Reine au sud-est. Ces jardins sont des zones de faible voire très faible profondeurs d’eau parsemées de cayo – terres plates faiblement…

Premier aperçu de Cuba le soir tombe, on arrivera de nuit

Il y a des plages de sable fin et des cocotiers, des architectures coloniales et des vieilles voitures  restaurées mais ce n’est pas pour ça que l’on va à Cuba. Pas que.

Nous sommes arrivés la nuit, accostant à 22:30 avec difficulté car un bout de filet de pêche s’est pris dans l’hélice babord rendant la manœuvre plus que chaotique. Nous avons été aidés par le personnel de la marina et autorités locales. On ne s’y attendait pas du tout, la nuit… d’habitude on mouille un peu au large en attendant le jour. Là, de ce qu’on avait lu, les autorités ne veulent pas qu’on mouille sans se déclarer donc on avait avancé vers les pontons en s’attendant de devoir accoster seul.

Nous avons donc été accueilli des plus aimablement tout le contraire de ce qui se passe avec l’ICE Etats-Unisienne plus au nord. Les formalités ont…

Vous êtes sur la plus grande île des petites Antilles et vous voulez visiter la plus grande des grandes… De Guadeloupe à Cuba il y a un millier de miles nautiques, un peu plus d’une semaine de navigation à laquelle on peut ajouter juste une ou deux nuits au mouillage pour se reposer tranquillement mais pas plus parce que vous avez hâte d’y arriver, hâte de découvrir une île mythique, celle d’une résistance contemporaine.

On commence par sortir de la marina de Point-à-Pitre en fin de journée et mouiller juste au sud de l’ile – protégé du vent et la houle par un petit ilet – pour être fin prêt à partir le lendemain.

mouillage en face de Gosier, la nuit avec d’autres les mêmes le lendemain matin la plage du Gosier Good bye Gwada lever de lune, la première nuit en mer lever du soleil le lendemain porté par un vent léger, on sort le spi baignade au milieu…

Mon « tour » de l’Atlantique aura commencé il y a à peu près trois mois et devra se prolonger d’à peu près autant.

Mon séjour à terre à la Guadeloupe est donc à mi-parcours. Un moment pour réfléchir à ce que j’ai vu, à ce que j’ai appris, à ce à quoi je porte mon attention, à quoi j’occupe mon esprit.

Du moins en partie.

Ici, nous sommes en voyage intérieur. A priori pas de photos. De toute façon, s’agissant de famille et d’amis mon récit n’est pas pour une brochure de tour opérateur et encore moins une contribution narcico-marchande à la « mer de non-sequitur des réseaux sociaux, le scroll qui brouille la structure narrative de l’argumentation et de l’histoire, remplacée par une pensée-confetti sans fin de « ça » et « ça » et « ça » et « voir là-bas ». [Doppelganger, N. Klein, p.155]

Quand je navigue en méditerranéenne, lorsque je suis à mon quart ou lorsque je m’allonge le soir sur ma couchette, je pense…

De la pointe nord de Saint Dominique au centre de la Guadeloupe – la marina du Bas du Fort – en passant les Saintes et Marie-Galante il y a 42 miles nautiques (78 km) que nous avons parcouru en 6 heures. Au petites Antilles on peut passer d’ile en ile à vue.

départ de Saint Dominique au ponton à Bas du Fort, Guadeloupe

Après du nettoyage, une reconstitution de stocks et le remplacement d’une voile pour réparation me voici à terre pour une bonne dizaine de jours et tout d’abord dans les mains généreuses et joyeuses du fils d’une amie « metro » et de sa compagne qui proposent de me faire decouvrir des endroits dans l’ile.

Nous avons commencé par la Cascade aux Ecrevisses. Un grand classique, très belle, victime à la fois de sa notoriété et de son accessibilité. Ce samedi en fin de matinée c’est bondé et ça rappelle le dicton « you are not stuck in traffic, you are traffic ».…

Une dizaine d’îles, une demi-douzaine de pays, une histoire et des paysages riches… mais pas seulement. Quelques kilomètres carrés pour les plus petites, quelques centaines pour les plus grandes des « Petites Antilles » jusqu’à la Guadeloupe.

vue d’ensemble des îles sur ce segment vue de détail des îles dans le sud du segment

Voici la liste des îles où nous sommes passés quelquefois en débarquant, quelquefois juste en mouillant pour la nuit et quelquefois sans s’arrêter.

Carriacou Petite Martinique Union Mayreau Bequia Saint Lucia Martinique Dominique Guadeloupe

Carriacou n’est pas bien grande – un peu plus de 30 km2 – et les suivantes sont des confettis (2, 7 et 3 km2 respectivement) mais ce n’est pas la taille qui frappe, c’est le fait qu’elles aient été ravagées par l’ouragan Beryl en 2024.

Arbres, toitures et constructions arrachés; bateaux echoués et sérieusement endommagés quand ce n’est pas tout simplement détruits.

bateau échoué constructions détruites et campement de fortune tout ravagé et un…

Ça fait un bail que je n’ai entretenu ce blog. Pour partie par manque de réseau, pour partie par occupation à d’autres choses quand il y en avait et puis une petite dose de procrastination.

Sur les plus de 3000 miles nautiques (plus de 5000 km) depuis Salvador jusqu’au Guadeloupe je n’ai eu du réseau que par brefs intermittences : lors des escales à João Pessoa et Cayenne et de temps en temps dans certains cafés lors des escales dans les petites Antilles.

90 % de la distance était constitué de la remontée de la côte sud-americaine et les 10 derniers jours passés à musarder dans des iles de la mer des Caraïbes étaient les bienvenus.

La côte entre João Pessoa et les Antilles n’est pas très propice à la navigation de plaisance. Peu de ports et peu voire pas équipés pour la plaisance. Des eaux très chargées en aluvions, des côtes de mangrove belles mais pas pratiquables.

…

Note publiée après de nombreuses journées hors du réseau…

Départ de Salvador le mercredi midi après le remplacement de la drisse de la grande voile et un peu d’avitaillement.

phare et début de la skyline atlantique de Salvador on croise des dauphines qui nous rattrapent encore un arc en ciel et un cargo faisant le plein de couleurs

Arrivée un peu moins de 4 jours plus tard, le dimanche matin à l’entrée du chenal de Rio Paraìba et à midi à Jacaré où le soir des bateaux ferries jouent le Boléro de Ravel pendant les couchers de soleil. Céremonue reconnu comme héritage culturel intangible de l’état de Paraìba.

les bateaux ferries le coucher de soleil « Boléro » Jacaré le soir

Jacaré est un petit port de plaisance de João Pessoa, qui fut la 3e ville du pays. Une ville où se retrouve un développement urbain similaire à celui de Salvador : une vieille ville coloniale construite autour d’un port protégé…

Ça fait une semaine que je suis revenu de Lençois, une semaine partagée entre me promener dans Salvador, de l’entretien du bateau, des recherches de pièces, du repérage pour la suite du voyage, du repos et encore…

Donc soit je tente un récit bien structuré et je risque le surfait, soit je commence un medley d’impressions qui correspond plus a comment j’ai cheminé dans la semaine mais qui risque le brouillon… on va voir.

Dimanche, Chapadas Diamantinas : on en était au troisième jour avec pas mal de km dans les pattes et quelques heures de voiture pour rejoindre la piste de la cascade de Fumaça donc nous avons choisi une quatrième journée tranquille, sans voiture, à pied depuis la ville de Lençois.

Des pistes quelquefois reconnaissables par tous mais aussi de temps en temps pour initiés surtout lorsqu’il s’agit de faire un pas de côté (ou en hauteur) pour voir quelque chose d’interessant.

Comme cette formation rocheuse en forme…

On en était donc au fond du Rio Manassaia.

Un moment de paix.

Mi-journée de la deuxième journée de ce voyage entrepris par hasard. One thing leads to another, une chose conduit à une autre. En fait, une série de choses, peut-être improbables mises bout à bout. De toutes façons nous sommes dans une époque de l’inattendu.

En parlant de l’inattendu, je n’ai pas parlé d’animaux croisés.

un petit singe sur le chemin du Poço do Diabo un tamandua tetradactyla, extremement rare termitière (dont raffolent les tamandua) beaucoup d’oiseaux

On remonte le Rio Manassaia au propre comme au figuré. Direction le Gruta do Lapão.

Pour y aller il faudra marcher, grimper sur un plateau et marcher. Un panneau sur le chemin indique – entre autres – une jauge : pas plus de 120 personnes par jour et pas plus de 10 personnes par groupe « y compris le guide ».

J’avais expliqué à Serginho que je voulais éviter la foule. Les…