João Pessao, finistère à l’envers

Note publiée après de nombreuses journées hors du réseau…

Départ de Salvador le mercredi midi après le remplacement de la drisse de la grande voile et un peu d’avitaillement.

phare et début de la skyline atlantique de Salvador
on croise des dauphines qui nous rattrapent
encore un arc en ciel
et un cargo faisant le plein de couleurs

Arrivée un peu moins de 4 jours plus tard, le dimanche matin à l’entrée du chenal de Rio Paraìba et à midi à Jacaré où le soir des bateaux ferries jouent le Boléro de Ravel pendant les couchers de soleil. Céremonue reconnu comme héritage culturel intangible de l’état de Paraìba.

les bateaux ferries
le coucher de soleil « Boléro »
Jacaré le soir

Jacaré est un petit port de plaisance de João Pessoa, qui fut la 3e ville du pays. Une ville où se retrouve un développement urbain similaire à celui de Salvador : une vieille ville coloniale construite autour d’un port protégé (par une baie pour Salvador, par un fleuve pour João Pessoa) et une ville nouvelle constituée essentiellement d’un tissu dense et etendu d’immeubles le long de la côte et plages atlantiques.

Les vieilles villes avec leurs bâtiments abandonnés, les nouvelles avec leurs immeubles en construction.

Quelques photos de la vieille ville

blue house
red house
green house
white house
enchevetrement de fils
skyline de João Pessoa, cote Atlantique

Entre et autour des deux villes qui s’emboitent des friches industrielles témoignent de déplacements eux aussi.

Le Brésil est marqué par des déplacements à l’échelle locale de ces villes anciennes et nouvelles, à l’échelle du pays – le centre économique est désormais à Sao Paulo – et à l’échelle du monde puisque le Brésil a subi une désindustrialisation très importante (l’industrie représentait jusqu’la moité du PIB aussi tard qu’en 1985 alors qu’en 2020 la part ne representait plus qu’un cinquieme voire 11 % selon les estimations qui s’accordent tous cependant sur une perte de plus de la moité).

Ce n’est pas qu’on ne le voit pas ailleurs mais ici c’est très frappant, très contrasté, très brut. Ça vaudrait vraiment la peine d’y revenir…

Hormis la vieille ville visitée aussi pour des questions de formalités et d’équipement, j’ai voulu voir le jardin botanique et la Station Cabo Branco des Sciences, Culture et Art.

Le jardin botanique. 

C’est un jardin assez « sauvage » (aligators compris) qu’il est interdit de visiter sans pantelon long… dommage.

Quant au Cabo Branco Station, au moins 3 raisons de le visiter.

D’abord, c’est l’un des derniers bâtiments d’Oscar Niemeyer, posthume puisque completé en 2008.

La dernière pièce de la Compagnie des Animaux Bizarres et Vehementes est une adaptation par Guillaume Gras du film L’arbre, le maire et la médiathèque et je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser furieusement en découvrant le bâtiment. Particulièrement à la scène où l’architecte présente sa maquette.

On résulte de ce qu’on fait, on fait selon là où on est arrivé. Une chose conduit à une autre. Ce que l’on voit s’appuie sur ce qu’on a vu.

Quand j’ai découvert les bâtiments de la Station (il y en a plusieurs) dont j’avais pourtant vu déjà des photos, j’ai vu la scène. Dans la scène où la maquette est présentée l’accessoire de scène n’existe pas physiquement, elle est imaginaire. Les acteurs la voient, l’examinent… le public aussi.

Il y a là un petit moment de mise en abime. Et ça ne s’arrête pas là, allons a l’intérieur.

Deuxieme raison donc, voir les expositions.

La première exposition est constituée par une série de têtes par João Neto où il s’agit de mirroirs, de similitudes et de différences.

Les traductions sont visiblement approximatives mais ça permet d’approcher ce qui est écrit. Première résonance avec le livre de Noemie Klein, Doppelganger que je recommande. J’y avais fait une pause pour le finir à bord avec quelques autres. Peut-être plus là-dessus une autre fois.

A l’étage en dessous.

Le travail de Daniel da Hora. Basé sur le drifting, concept de Guy Debord qui consiste a marcher sans objectif défini laissant l’environnement et la ville dicter le cours de l’exploration. Nous sommes nombreux à « réfléchir » ces fils enmellés.

Dans un autre bâtiment.

Collection de photos d’un collectif Bando, Paraìbando, titré de la rivière à la mer.

La boucle est bouclée, je retrouve l’observation à propos de la structure urbaine et je prends des photos de photos similaires à celles prises dans la rue plus tôt dans la journée. Comme pour les dessins des fils.

Troisième raison : João Pessao est la ville la plus orientale du Brésil et plus précisement Cabo Branco est la pointe orientale du continent sud américain. Point de vue, ils ne disent pas finistère. Historiquement logique.

Pour conclure ce récit décidément très bavard: On avait un problème à résoudre pendant cette escale, une drisse de grande voile coincée.

D’où une inspection et encore un baptême : de l’air cette fois.

Et pour faire ces acrobaties, nous étions à quai dans ce tout petit port avec une capitainerie fort sympathique et des voileux tout autant dont un couple d’Annecy, Françoise et Abel, qui font le tour du monde depuis 14 ans (ils en ont 70). Ils nous ont décrit des escales possibles sur la remontée qu’ils ont fait il y a 12 ans.

Étincelles dans les yeux, sourires sur les visages pour la soirée avant le départ. Grande tablée et discussion d’expériences interessantes. Sans postures, détendue…

2 replies on “João Pessao, finistère à l’envers”

  1. Superbe reportage encore une fois !

    Descriptions, explications, réflexions, commentaires et photos au top !

    Exotique !!!

  2. Great stories and nice pictures. Thanks for sharing some of your exciting journey. Looking forward to hear all the stories when you return!!

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