Ça fait une semaine que je suis revenu de Lençois, une semaine partagée entre me promener dans Salvador, de l’entretien du bateau, des recherches de pièces, du repérage pour la suite du voyage, du repos et encore…
Donc soit je tente un récit bien structuré et je risque le surfait, soit je commence un medley d’impressions qui correspond plus a comment j’ai cheminé dans la semaine mais qui risque le brouillon… on va voir.
Dimanche, Chapadas Diamantinas : on en était au troisième jour avec pas mal de km dans les pattes et quelques heures de voiture pour rejoindre la piste de la cascade de Fumaça donc nous avons choisi une quatrième journée tranquille, sans voiture, à pied depuis la ville de Lençois.



Des pistes quelquefois reconnaissables par tous mais aussi de temps en temps pour initiés surtout lorsqu’il s’agit de faire un pas de côté (ou en hauteur) pour voir quelque chose d’interessant.
Comme cette formation rocheuse en forme de bol de dejeuner

Il y a de l’eau au pied, une vraie petite cascade zen…
Les roches sont formées d’agglomérat, de boues et cailloux métamorphiques comme ceci




L’erosion forme ici des enormes demi-sphères bien symétriques, bien ronds, bien sphériques… C’est etonnant.
Dans la journée nous sommes allés nous baigner dans des « piscines ». Une série de petites, à l’écart, quasiment déserte et une à une demi-heure environ de la ville qui est une véritable piscine municipale … avec surveillant(s).


Et pour finir cette journée bien locale, une tournée au marché du dimanche soir…

Quatre jours absolument parfaits grace à l’habilité du guide.
Lundi : le voyage de retour en voiture était plus facile qu’à l’aller, l’habitude et – dans ce sens – l’exposition progressive à la conduite urbaine brésilienne (qui n’est pas radicallement différente de la parisienne) aidant. Pas grand chose à dire, des heures de route, de très longs camions (25, 30, … metres) transportant des huiles et du soja vers les ports car il n’y a pas de trains …
A partir de mardi : déambulations dans Salvador où il y a de la musique partout quasiment tout le temps dans la veille ville et une rue entierement et sans exception dediée aux instruments, amplis et autres accessories.


Percufolies à l’échelle d’une metropole, d’une région et d’un pays… d’autant plus que le carnival sera dans quelques semaines.
Il n’y a pas que ceux qui jouent, il y a aussi ceux qui apprennent ou qui répètent. Par les fenêtres de la vieille ville, par les allées des cours… on entend la musique qui balbutie, qui percolle, qui s’affirme…
Bien sûr, il n’y a pas que la batucada, il y a tous les autres groupes et chanteurs des rues et des terrasses.
Le musée du Carnaval permet de comprendre la signification de cette musique, de la fête et des luttes qu’elles représentent :
Dans cette maison vous allez vous familiariser avec l’histoire du Carnival de Bahia. Le peuple de Bahia est joyeux et a un désir de liberté, dans le carnaval il rencontre les fondations mêmes de son identité.
[…]
Les peuples reduits en esclavage et emmenés d’Afrique se sont battus aprement pour pouvoir célébrer avec dances et percusions dans la rue.
[…]
Les jeunes l’ont transformé en la plus grande fête sur la planète. Cette maison est une déclaration d’amour pour le Carnaval de Bahia.
[…]
Le carnaval de Bahia reflète l’âme irrévérencieuse, anachiste, douce et libertaire des personnes qui ont créé et qui habitent cet endroit. La culture de Bahia est très accueillante, elle reçoit et incorpore des influences de partout dans le monde, les transformant en quelque chose de nouveau, moderne et exubérant.








Si la musique est incontournable, il y a d’autres formes, d’autres signes qui peuvent – pour certains – relever des signaux faibles et qui peuvent donc émerger de manière progressive.
En l’occurrence de nombreuses marques de reconnaissances aux militant-e-s et leurs luttes tels que Zumbi dos Palmares, un leader des quilombola et un pionnier dans la lutte contre l’esclavage. Statues, noms de lieux et de navires lui et leur rendent hommage et rappellent ces luttes.




Aussi des fresques, des affiches, des nombreuses maisons et fondations pour des artistes compagnons (Jorge Amado, Pierre Verger particulièrement).




C’est un peu brouillon… mais il s’agit d’une semaine dans une ville avec une histoire riche qui fut la première capitale du Brésil, jusqu’en 1763, année de révolte d’esclaves et le transfert de la capitale à Rio de Janeiro. Une ville où la cour Portugaise a fui Napoleon en 1807 et qui fut pendant longtemps le premier port de l’Amérique du Sud.





Une ville ouverte sur le monde :

Dans laquelle on trouve une magnifique Maison du Benin :




Un medley, comme la ville finalement. La decouverte d’une ville se prete mal au découpage chronologique. On découvre – au sens concret d’enlever une voile, d’apercevoir petit à petit avec des recoupements, des recroisements – par strates, on trouve des similitudes, des choses qui résonnent.
Il y aurait encore d’autres choses mais avant de finir ou pour finir, une esthétique et une chose personnelle.



On peut dire que je me suis vraiment plongé dedans, mais est-ce que ça vous étonne ?
Superbe reportage!!
Complet et bien documenté. Les photos et les vidéos sont très belles!
Tous ces paysages et toutes ces couleurs sont dépaysants…ça nous change de cette grisaille perpétuelle que l’on a ici!
Merci pour le voyage!!!
On est (presque) avec toi !