Encore un parc, encore une histoire de diamants. Le parc, c’est par choix, après avoir visité le parc maritime de Fernando de Noronha et vu sa splendeur, la visite du parc terrestre semblait irrésistible. Un nouveau parc donc. Quant au retour sur scène de diamants c’est un heureux hasard.

Chapadas, vue depuis le Morro do Pai Inacio

Les « chapadas » sont des formations géologiques de plateaux élevés, plats et escarpés. Il y en a plusieurs au Brésil (et ailleurs bien sûr). Les Chapadas Diamantinas tirerent leur nom des mines de diamants noirs qui y étaient exploitées au XIXe. Diamants surtout pour des usages industriels et en particulier pour creuser (canal de Panama, métros de Londres et Paris).

Diamants plutôt bruts donc… mais l’enchevêtrement s’accélère et s’amplifie. Par exemple : je suis arrivé tard à la charmante Pousada Canto no Bosque (Chant du Bois), le restaurent n’y est pas ouvert ce soir-là, absence d’une personne. Le cuisinier nettoie et range… au son…

Après cinq jours à découvrir le Brésil par Fernando de Noronha nous voilà au départ pour rejoindre le continent et Salvador di Bahia.

Départ le jeudi à 15h et un début un peu sport : plus de 200 miles nautiques en 24h, au près… donc ça tape un peu, mais très content d’avancer si bien et d’avoir de sympathiques accompagnateurs. Le bateau a accueilli tant d’oiseaux que l’on aurait mérité une plaque de la LPO.

Ces oiseaux ont un vol magnifique

Très peu de moteur, mais vraiment très peu et dès le vent revenu : voiles et une progression agréable à 7/8 noeuds en generale quand ce n’est pas plus soit du vent qui force soit des nuages qui entraînent.

la lune et Venus, un peu flou mais on imagine…

Le samedi soir on voit le halo de lumière de Recife, Venus seule (Saturne  masqué par la lune), Jupiter au zénith suivi par Mars et des planctons bioluminescents qui…

L’ile brésilienne de Fernando de Noronha est au 2/3 une reserve naturelle geré par ICMBio, l’Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité, l’administration du ministere brésilien de l’environement.

Le Brésil nous accueille donc avec la mémoire de Chico Mendes, militant et syndicaliste dans un parc naturel d’une grande beauté. Ca comnence tres bien.

Départ Mindelo, jeudi 16 à 15h, mouillage Fernando de Noronha, samedi 25 à 10h, soit 9 jours (8 jours, 20 heures pour être exact) pour rallier l’ile brésilienne depuis le Cap Vert. 

D’abord le bateau qui nous a porté:

le spinnacker du Jumpin’ Jack Flash, un para-sailor le code zéro rose du Jumpin’ Jack Flash,

Le Jumpin’ Jack Flash est un Catana 47 (85/86) équipé de belles voiles envoyées pendant cette traversée au bout de laquelle je ressors avec des perspectives – au sens points de vue – changées, un je-ne-sais-quoi d’experience.

le Jumpin’ Jack Flash

C’est un bateau vraiment agréable et performant, un vrai voilier sous toutes les allures.

Ça peut paraître paradoxal mais pour moi le plus beau de la (haute) mer, c’est le ciel.

coucher de soleil, premier soir de la traversée

Beau de jour comme de nuit, et de nuit la première chose qui m’a frappé au cours de cette traversée est la position des…

Départ de Mindelo aujourd’hui.

Mindelo by night Pleine lune sur Mindelo

Il y a une université Jean Piaget au Cabo Verde, elle se trouve à Mindelo. Cette université se décrit comme une coopérative pour le développement humain et écologique intégrale avec une philosophie de culture anthropologique de développement local et régional et de lutte contre l’exode et la désertification.

Cour centrale du CCM

Cette description résonne dans la discussion que j’ai eue avec le directeur du CCM qui décrivait le centre comme un lieu ouvert. La région comme une région où chaque ile a sa spécificité n’empêchant pas une culture partagée. Disponible à l’autre.

Good bye Mindelo, direction Fernando de Noronha.

C’est le milieu de l’après-midi et le ciel est beau.

Derrière le CCM, le Centre Culturel de Mindelo : graffiti « la culture est un nécessité de base » L’entrée du CCM visité dans la semaine La même entrée le samedi soir qui commence à se remplir

Samedi soir, de la musique un peu partout et en particulier au centre culturel de Mindelo où se produisait Gregorio Pedro. Salle débordante de monde pour celui qui en est un habitué.

Accompagné d’un guitariste, Luis Baptista et pour l’un des morceaux d’une danseuse aux mouvements de ballet moderne. Aussi, de manière improvisée il a invité sur scène une chanteuse très âgée qu’on a tous applaudi debout.

Très beau, très émouvant… Nécessaire, en effet. Essentielle même.

En face de Mindelo se trouve l’île de Santo Antão dont j’ai pu visiter en une journée accompagné d’un guide une partie du nord-ouest.

On est monté au Cova de Paul : un cratère de jardins au fond et en terrasses

De la crête du crête du cratère on peut voir les vallées luxuriantes de Paul et de la Riviera da Torre.

Vallée de Paul

Vallée de la Ribeira da Torre

Dans les vallées :

De quoi passer bien plus d’une journée

Après un tour de la ville, un tour de l’île, en scooter, de plage en plage dans le sens des aiguilles d’une montre.

Intérieur de l’île, du vent, du minéral Plage de Salamanca Baia das Gatas Praia Grande On dirait Saint Victoire par Soulages Praia da Luisa

Du noir, du bleu, du blanc et de temps en temps un peu de vert. Une terre dure.

On comprend le choix de couleurs vives, la force des à-plats, l’expression d’une volonté sur les bâtiments, les bateaux et les vêtements.

Bâtiments du CNAD, le Centre National pour l’Art, l’Artisanat et le Design inauguré en 2022

Encore un peu de plongée en fin de journée à la Praia de São Pedro où j’ai pu nager avec des tortues.

Coucher de soleil et voiliers Une étoile Lever du soleil Une épave Bateaux de pêcheurs et réplique de la tour de Belèm

Ceux sont des photos de la baie, mais je me suis exclusivement déplacé dans la ville, ville qui comme la baie a des visages nocturnes et diurnes, locaux et touristiques, actuels et passés.

Une des impressions d’ensemble qui s’en dégage est celle d’une ville où les habitants sont tolérants, aimables et avec une fierté ou dit autrement un respect pour soi et du même coup pour les autres.

Ce qui n’empêche pas le quai du marché aux poissons d’être visiblement et surtout de manière fort sonore un lieu de grandes engueulades matinales occasionnelles.

A la fin de la journée, j’ai fait un peu de plongée à la Enseada de Coral da Laginha. Un vrai aquarium à ciel ouvert. Fascinant et me rappelant mon enfance.

J’ai aperçu le poisson caricaturé sur le panneau

Loin des fictions et des narrations,…

Avant de partir, mais déjà ailleurs, je suis allé voir le film Diamant brut au Brady dans le 10e.

CDG en route pour le terminal 1

Le film fait le lien entre les « réseaux sociaux » et la « télé réalité », celui d’abord d’une grande violence sociale mais aussi – en creux – celui des distorsions du langage, les fictions idéologiques utilisées lors de transformations des rapports sociaux.

En l’occurrence la notion d’influenceur qui – lorsqu’elle est redressée – relève plus de l’influencé que de l’inverse. En effet, Liame, le personnage principal, cherche totalement à se conformer à une image qu’elle se fait du pouvoir et non à conformer d’autres à la sienne. Elle n’est donc pas tant une « influenceuse » qu’une influencée.

Et ces influencés sont récompensés pour leur docilité. La réalité apparaît pour ce qu’elle est lorsque elle est débarrassée de ces fictions.

CDG terminal 1

Il en va de même pour les « réseaux sociaux » et la « télé réalité ». Des…