Gwada, une ile à part, une ile exceptionelle (1/2)

De la pointe nord de Saint Dominique au centre de la Guadeloupe – la marina du Bas du Fort – en passant les Saintes et Marie-Galante il y a 42 miles nautiques (78 km) que nous avons parcouru en 6 heures. Au petites Antilles on peut passer d’ile en ile à vue.

départ de Saint Dominique
au ponton à Bas du Fort, Guadeloupe

Après du nettoyage, une reconstitution de stocks et le remplacement d’une voile pour réparation me voici à terre pour une bonne dizaine de jours et tout d’abord dans les mains généreuses et joyeuses du fils d’une amie « metro » et de sa compagne qui proposent de me faire decouvrir des endroits dans l’ile.

Nous avons commencé par la Cascade aux Ecrevisses. Un grand classique, très belle, victime à la fois de sa notoriété et de son accessibilité. Ce samedi en fin de matinée c’est bondé et ça rappelle le dicton « you are not stuck in traffic, you are traffic ».

arbre au bord du chemin
petite rivière issue de la cascade

Humilité nonobstant, après délibération – il y a aussi deux de leurs amis – nous fuyons pour retrouver un endroit beaucoup moins encombré. En l’occurrence les falaises calcaires du nord-est de l’ile.

falaises calcaires au nord de Grande Terre
pointe dela tortue, avec 3 couches géologiques
sentier sec..
…et non encombré

Ce passage de la cascade tropicale aux falaises séches permet d’apercevoir de manière vive la variété des facettes que présente la Guadeloupe, variété qui lui est propre par rapport aux petites antilles et qui préfigure les « grandes » (ce que je peux ecrire de première main puisque je post un voyage passé pendant le suivant – au mieux).

La Guadeloupe est formée de deux îles principales – j’écris ceci pour ceux qui, comme moi, l’ignorent ou qui l’ont oublié – à l’est Grande Terre, plateau calcaire relativement plat et sec, à l’ouest Basse Terre, volcanique et montagneuse, sur laquelle se trouve de la foret tropicale et de nombreuses cascades valant à l’ile son nom Caraïbe de Karukera, l’île aux belles eaux. Sur une carte Basse Terre et Grande Terre sont comme les ailes d’un papillon.

Abordée par Christophe Colomb en 1493, colonisée par les français à partir de 1635, l’île fut – comme ailleurs dans les Antilles – disputée entre la France et l’Angleterre : occupation anglaise en 1759, « rendue » à la France en 1763 (traité de Paris), reprise aux anglais aliés aux colons esclavagistes en 1794… on y reviendra.

La première ville fondée sur l’ile fut Basse-Terre. Au sud-ouest de l’aile gauche du papillon, je ne sais qui de la ville ou de l’ile a donné son nom à l’autre, toujours est il qu’il y a de l’ironie à ce que la partie montagneuse de la Guadeloupe s’appelle « Basse Terre ». On dit que le nom de la ville vient du fait qu’abordant l’ile par l’ouest l’endroit – plus basse – est plus propice au débarquement.

Saint Pierre, Saint Paul, basilique de Basse Terre
hotel de ville

Basse-Terre, taux de chômage de 39,4 %.

Pendant que j’étais au Guadeloupe j’ai voulu aller voir le film Zion qui a fait un tabac – 70,000 entrées en Guadeloupe-Martinique-Guyanne avant sa sortie en metropole. Tournée entièrement au Guadeloupe, artistes-acteurs locaux, en créole. Comme Fanon, un film qui percole, comme Zion, après des décennies de travail pour faire vivre une filière du cinéma locale. Deux films à voir… que je n’ai pas pu voir, je m’y suis pris trop tard. Comme a dit ma voisine à propos des places : « blindé, ça fait deux semaines ». Elle n’avait pas encore eu de place non plus.

Petite Anse

J’ai habité pendant ces quelques jours à terre à Bouillante, sur la côte de Basse-Terre, à peu près au milieu, à côté de la Petite Anse, au nord de l’Anse à la Barque. Je m’y suis laissé vivre.

En descendant à la plage de la petite Anse, le mardi matin… j’ai croisé une école de plongée… et me suis inscrit pour une formation. Le dernier jour de ma formation j’ai pu prendre quelques photos dont aucune ne traduit la beauté de ce que j’ai pu voir. Une merveille absolue.

Au passage, me v’la plongeur niveau 1 après mon baptême à Salvador di Bahia… et j’ai pu éviter le pire, les plongées « usine » à la réserve soi-disant Cousteau.

Je n’ai fait que deux excursions : le jardin botanique de Deshaies au nord-ouest de Basse-Terre et les cascades du Carbet au sud-est. Deux visites cependant totalement complémentaires.

Jardin botanique de Deshaies, totalement domestiqué. Cascades du Carbet, débordante. L’un une collection bien rangée, l’autre une bousculade.

Le jardin a été créé par un botaniste, racheté par Coluche (peu avant sa mort) puis transformé en lieu public. La première chose qui saute aux yeux est cet aspect de « collection », des plantes bien rangées, bien identifiées, individualisées.

A la visite, je n’ai pas compris. J’avais trouvé qu’il manquait une composition, une harmonie d’ensemble.

Puis j’ai visité les cascades du Carbet.

Et là nous avions une composition… très active et je crois comprendre pourquoi isoler en collection, par réaction.

Sur le chemin du retour, le Grand Etang

Le Grand Etang, lieu paisible absolu…

A la vue du foisonément débordant on comprend qu’il y ait pu y avoir une volonté de construire quelque chose de plus calme, de plus élémentaire. Un choix.

A la fin, une visite trop courte mais une conclusion claire de ce voyage à travers les Petites Antilles auquel Gwada apporte une apothéose. Sur terre, sous la mer. Jardin domestiqué et jardin sauvage… montagne ou plaine, une floraison de beauté.

Voilà pour ce que j’ai pu voir, part 2 pour les choses que j’ai pu apprendre.

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