… en passant par Cayenne

Ça fait un bail que je n’ai entretenu ce blog. Pour partie par manque de réseau, pour partie par occupation à d’autres choses quand il y en avait et puis une petite dose de procrastination.

Sur les plus de 3000 miles nautiques (plus de 5000 km) depuis Salvador jusqu’au Guadeloupe je n’ai eu du réseau que par brefs intermittences : lors des escales à João Pessoa et Cayenne et de temps en temps dans certains cafés lors des escales dans les petites Antilles.

90 % de la distance était constitué de la remontée de la côte sud-americaine et les 10 derniers jours passés à musarder dans des iles de la mer des Caraïbes étaient les bienvenus.

La côte entre João Pessoa et les Antilles n’est pas très propice à la navigation de plaisance. Peu de ports et peu voire pas équipés pour la plaisance. Des eaux très chargées en aluvions, des côtes de mangrove belles mais pas pratiquables.

On a fait deux escales sur ce segment, une première à l’ile de Lençois – un peu au sud de l’equateur – pour visiter et la seconde à Cayenne pour ravitailler.

Les Antilles, en revanche, est un paradis pour la voile…

Donc, je vais faire court sur la partie longue (ici) et long sur la partie courte (dans un autre post) et ce d’autant plus que je n’ai pas beaucoup de photos de la partie longue et même pas de photos du tout de ce que j’ai vu de plus beau pendant ce trajet, à savoir une éclipse totale de pleine lune.

extrait de mon logbook

J’ai une photo de la lune mais il aurait fallu un vrai appareil pour l’eclipse

lever de lune en début de soirée, vendredi 14 mars

Il m’a fallu quelques minutes pour bien m’accorder que c’était en effet une éclipse.

Sinon, toujours des ciels intéressants comme ceux-ci :

lever du soleil, lundi 10 mars
coucher du 13
coucher du 16

Du manière générale pas mal de grains, comme ceux-ci

Grains entre, et sous, lesquels il peut y avoir du vent (ou pas) et même assez violent. Par exemple pendant un de mes quarts alors que le bateau n’avait quasiment plus de toile (pas de grand voile, et genois presque totalement enroulé) il dépassait les 25 nœuds dès qu’on s’eloignait du vent arrière  (techniquement, 150° pas vraiment 180°).

il ne reste plus qu’un tout petit peu de toile… portant

On s’est donc arrêté à l’ile de Lençois (oui, comme la ville des Chapadas Diamantinas, décidément beaucoup de tressages dans ce voyage) qui est essentiellement une dune.

L’épicerie, indiquée sur une carte, du village d’une trentaine de cases fragiles en bois, était garnie avec une poignée de produits. Les pêcheurs retirent quelques protéines de l’eau. L’un d’eux nous a vendu les crevettes de sa pêche… Un bateau faisant visiblement office de ferry passe et repasse… Impossible d’imaginer de quoi ils vivent. Un bout du bout du monde.

J’aurais aimé comprendre, il aurait fallu parler la langue.

Deuxième escale, Cayenne, avitaillement y compris en réseau et une tournée de linge… Arrivée en début de nuit sur une zone de mouillage clairement indiqué sur les cartes mais qui s’est révélée être aussi une zone de clappage c’est-à-dire de dépôt des déchets de dragage. D’où un réveil en sursaut à minuit avec une alarme de dérappage de l’ancre et des heures de moteur pour rejoindre le port industriel et un ponton de marina de plaisance abandonné, croisant au passage un cargo et pilot dans le noir dans un chenal très étroit (d’où il a fallu sortir en vitesse d’ailleurs).

un couple d’hirondels qui voulait faire un nid dans la bome et le couple de grues qui equipent le port industriel
aperçu du port la nuit… vraiment pas très grand, un cargo, un patrouilleur et quelques contenaires sur le dock

La Guyane est couverte à 97% de foret équatoriale, la population de la zone urbaine de Cayenne compose à peu de choses près la moitié de la population de la Guyane (respectivement 158 et 301 mille personnes). Soit environ la population d’Orleans (moins que Tours) dans une zone de plus du double de la taille de la région Centre Val de Loire. Ça se sent. Tout de suite. Très grand et très petit à la fois.

Comme le fleuve : très large mais avec un chenal très étroit.

le fleuve très large
les îles « père » et « mère » en sortie de chenal

On n’a fait que passer.

Une courroie (moteur babord) changée… problème de tension. Ah, les aléas, les inattendus, les ruptures…

Vivement les Antilles !

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