

Il y a des plages de sable fin et des cocotiers, des architectures coloniales et des vieilles voitures restaurées mais ce n’est pas pour ça que l’on va à Cuba. Pas que.
Nous sommes arrivés la nuit, accostant à 22:30 avec difficulté car un bout de filet de pêche s’est pris dans l’hélice babord rendant la manœuvre plus que chaotique. Nous avons été aidés par le personnel de la marina et autorités locales. On ne s’y attendait pas du tout, la nuit… d’habitude on mouille un peu au large en attendant le jour. Là, de ce qu’on avait lu, les autorités ne veulent pas qu’on mouille sans se déclarer donc on avait avancé vers les pontons en s’attendant de devoir accoster seul.
Nous avons donc été accueilli des plus aimablement tout le contraire de ce qui se passe avec l’ICE Etats-Unisienne plus au nord. Les formalités ont été même plus simples que dans certains pays par lesquels nous sommes passés auparavant.



Santigo est un endroit tout à fait intéressant pour commencer une visite de Cuba. Deuxième ville du pays, grand port du sud de l’ile qui a été l’un des plus importants des Antilles, elle a été le lieu des batailles initiales de la révolution cubaine.
Le 26 juillet 1953, Castro avec une centaine de personnes attaque la caserne de Moncada. Après la surprise initiale les attaquants seront brutalement réprimés et quelques survivants enprisonnés. Castro, condamné à 15 ans de prison mais amnistié, formera le mouvement M-27-7 qui conduira de nouveau une action de guerrila commençant à Santiago le 30 novembre 58 qui, malgré l’échec du débarquement coordonné de 82 hommes – dont Castri et le Ché – à bord d’un bateau de 20 metres venant du Mexique, conduira à la chute du gouvernement corrompu et brutal de Batista le 31 décembre 1958.
Ainsi le tombeau de Fidel Castro (un tres grand rocher avec une simple plaque en bronze avec l’inscription Fidel) et le mausolé de José Marti se trouvent au cimetière de Salvador, Cementerio de Santa Ifigenia.



L’inscription « l’humanité est ma patrie » (José Marti) qui orne l’un des murs de l’entrée du cimetière est une lumière dans l’obscurité fasciste actuelle.

Déplacement, place de la révolution, inauguré en 1991, année de l’éfondrement de l’URSS. Ironie de l’histoire. Les sculptures monumentales – le générale Antonio Maceo (comme Marti, un héro des luttes independentistes et anti-esclavagistes de la fin du XIXe) et 23 machettes ont nécessité 10 ans de travail, il a fallu créer ex-nilo toute une filliere metalugique car il n’y avait pas de fonderies à Cuba. Maceo aurait inventé la charge de cavalerie à la machette. Efficace …
De la place on voit la Sierra Maestra là où se réfugaient les M-26 Sierra en complément des M-26 Urbain.



Si Cuba subit l’embargo et autres « sanctions » Etats-Unisiennes, elle reçoit de l’aide d’autres pays.
Par exemple le Venezuela et la Chine pour la reconstruction d’habitations détruites par Katrina (de l’ordre de cent quarante mille). On en a traversé un quartier en allant au cimetière.

Mais tout n’est pas aussi ordonné.


Cuba et Santiago en particulier subissent de multiples difficultés issues du passé et présent.
Santiago, comme nombre de villes des Antilles, vit le déclin voire la disparition d’activités économiques passées. Les docks quasi abandonnés en témoignent.




La place centrale, place Céspedes, en l’honneur de Carlos Mendes de Céspedes, est l’une des seuls endroits où les bâtiments ont été tous systématiquement réstaurés et entretenus. Ailleurs, ceux sont des bâtiments isolés ou par petits groupes qui le sont.
Quelques photos de la place:





Carlos Mendes de Céspedes était un riche planteur Cubain qui a libéré ses esclaves en 1868 et formé une armée qui a mené la guerre dite de « 10 ans ». Guerre qualifiée par Marti de « guerre nécessaire ». Guerre dans laquelle – comme ailleurs – les civiles ont payé, de loin, le plus lourd tribut.
La place a été le lieu de nombreux faits historiques
- capitulation des troupes espagnoles et la fin de la guerre Espagne-Etats Unis en 1898
- inauguration en mai 1902 du premier président de la République de Cuba
- déclaration du triomphe de la révolution cubaine par Castro le 1er janvier 1959
Juste à côté de la place se trouve la maison natale de José Heredia, grand poète Cubain du début du XIXe, qui accueille aujourd’hui la maison des poètes/de la poesie… Un lieu reposant hors sentiers touristiques et tout ce qui tourne autour. Notre guide, poète et aussi docteur en épidémiologie parlait espagnol uniquement. Autant dire que je n’ai pas tout compris, loin de là, ce qui ne nous a pas empêché d’avoir – ou de tenter d’avoir – une conversation…


…suivi par une Daiquiri (sans le guide) au lieu où fut inventée la boisson à savoir la Floridata, l’ex-maison Bacardi, au bar duquel se tient un Hemmingway en bronze taille réel et aux murs duquel sont accrochées des photos du même en compagnie de Fidel parmi d’autres.
Musique d’un soir en bordure du centre ville:



La baie est protégée – devrait on dire était – par un fort de type Vauban même si c’est un tant soit peu anachronique de dire ça puisqu’il a été construit en 1638 sous la direction d’un architecte italien. Fort considéré comme le plus grand et le plus complet exemple de construction renaissance espagnole militaire du nouveau monde et classé patrimoine mondial par l’UNESCO en 1997.
Fort construit surtout pour protéger la ville des corsaires – les pirates d’etat – et devant lequel nous passerons en partant pour les Jardins de la Reine et Cienfuegos.





Voilà le début, nos premiers jours à Cuba. Pleins de questions, de choses observées et d’autres à découvrir. Pour compléter, approfondir et étendre, on continue.
Excellent!!
Very cool! Lots of historic places. We were there in 2009 and i don’t think a lot has changed…
Safe travels onwards and enjoy!